Le futur rôle des RAM
L’élargissement des missions des relais assistantes maternelles (RAM) n’est plus qu’une question de temps.Ces structures qui, avant la loi du 27 juin 2005 réformant le statut des assistantes maternelles, n’avaient aucune existence légale ont le vent en poupe et pourraient bien devenir le pôle de référence des métiers de la petite enfance.
Entre Mme Michèle Tabarot qui, dans son rapport sur le développement de l’offre de garde, veut élargir leur activité à l’ensemble des professionnels de la petite enfance et leurs missions, en y incluant un contrôle des assistantes maternelles (L’assmat, n° 71, septembre-octobre 2008, p. 40), la CNAF qui a fait réaliser une enquête sur une dizaine de RAM, dont il résulte une monographie hagiographique (L’assmat, n° 73, décembre 2008, p. 37) ou le Conseil économique, social et environnemental qui préconise d’en faire des agents pour assistantes maternelles au chômage (ce numéro, p. 36), tout et tous concourent à leur promotion.
Que cela plaise ou non, la structuration de l’offre de garde des jeunes enfants va se faire à marche forcée, au nom de la volonté du président de la République. Les RAM en seront les pivots et les discours actuels ont pour but de faire apparaître cela comme une évidence. Espérons au moins que seront posées la question de la formation des animateurs et celle de leurs moyens !
Les assistantes maternelles qui se veulent « indépendantes » ont du souci à se faire pour leur autonomie. Elles ne doivent pas s’illusionner sur la confiance que dit leur faire la ministre de la Famille (ce numéro, p. 31). Une preuve ? À une sénatrice qui remarquait que, dans les pays où les assistantes maternelles peuvent accueillir plus d’enfants que chez nous, « la formation était différente », Mme Morano livrera le fond de sa pensée : « les mères de quatre enfants n’ont pas besoin d’une formation particulière pour s’occuper de leur progéniture ! »
Décidément, la route de la reconnaissance professionnelle est encore longue.
Catherine Doublet
Rédacteur en chef
Protection de l'enfance
La place des assistantes maternelles et familiales
La politique de protection de l’enfance, dont les principes ont été réaffirmés récemment par une loi du 5 mars 2007, vise à prévenir les difficultés auxquelles les parents peuvent être confrontés dans l’exercice de leurs responsabilités éducatives, à accompagner les familles et, le cas échéant, à prendre en charge, partiellement ou totalement, des enfants, selon des modalités adaptées à leurs besoins, par exemple lorsqu’ils doivent être soustraits à leur milieu familial.
Ce dispositif repose essentiellement sur les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) et de la protection maternelle et infantile (PMI) des départements qui mettent en œuvre diverses actions auprès des familles. Celles-ci doivent donner leur accord à cette protection dite « administrative ».
Le juge des enfants est également appelé à intervenir, notamment lorsque les parents refusent l’aide de la collectivité locale. Sa décision s’impose à eux ; on est alors dans le cadre de la procédure d’assistance éducative.
Quel est le rôle des assistantes familiales dans le cadre de ces deux dispositifs ? Qu’en est-il des assistantes maternelles qui sont des observatrices privilégiées des enfants et sont en lien avec la PMI ?

















